
VENTCOULIS... papiers
Mireille Gros - Mireille Henry - Jean Nazelle - Anne Peverelli
Exposition du 19 avril au 25 mai 2008
Anne Peverelli vit à Lausanne, elle a exposé à la FLM en 2002 et 2006, des peintures sur toile, des travaux sur papiers. Son geste est simple et beau. Il y a dans ses signes une évidence qui ravit, comme une contraction juste et saine du réel, la synthèse sans fioriture de la sensibilité et du pragmatisme: ce qui est "en vrai", la flaque d'un pinceau qui goutte, une trace qui dit ce qu'elle est, les lignes d'un réseau. Ou comment la réalité se fait rassurante, humaine.
Anne Peverelli
Travaux récents
Exposition du 5 mars au 9 avril 2006
Quatre ans de travail se sont écoulés depuis la première exposition d'Anne Peverelli à la Fondation Louis Moret en 2002.
Cette année encore elle est présente à Accrochage au Musée des Beaux-Arts de Lausannne et on a pu voir récemment ses toiles à l'exposition de la Fondation Irène Reymond à l'Espace Arlaud. Elle a auparavant montré des monotypes au Cabinet des Estampes du FAC à Sierre, a participé à d'importantes expositions autour du dessin au Kunstmuseum de Bern et à Saint-Gall et présenté une exposition personnelle à la galerie Confer à Nyon.
L'exposition d'Anne Peverelli est ici constituée d'une trentaine de peintures et presque autant de dessins. Elle s'intitule sobrement Travaux récents. C'est dire le travail et le temps, en continu et sans rupture, un peu comme une ligne cousue au point-arrière, cette couture très solide qui reprend toujours la piqure un peu avant le dernier point... Ce n'est pas une image innocente car on se souvient qu'il y a quelques années, le fil, sur ou autour de la toile, constituait un des moyens explorés par l'artiste pour aborder la peinture en contournant le medium et en élargissant le propos. Le fil a disparu mais reste un travail de peintre dont les images se constituent autour de trois données importantes: les conditions posées par les matériaux, les gestes qui en tiennent compte, et un vocabulaire plastique qui regroupe certains motifs: grille, prolifération, écoulement, diffusion.
Une attention particulière est portée aux supports: différents textiles montés sur châssis - toile de Bretagne et toile de Toulouse, feutrine à poils ras et molleton accueillant - sont choisis pour leurs textures spécifiques et leur répondant aux différentes façons de poser la peinture sur leurs surfaces. Même chose pour les dessins réalisés sur des papiers de toutes sortes et sur des cartons variés qui ont tous une histoire.
Une curiosité se manifeste pour tous les types de peintures: aquarelle, acryl, laque brillante, peinture synthétique, peinture à l'huile. Autrement dit eau, essence et huile. Combinées aux supports (aquarelle sur molleton, acryl sur toile imprimée), elles induisent des formes spécifiques.
Un goût pour les tensions entre les formats très divers, du plus petit au plus monumental, les associent par opposition ou par affinités dans un jeu combinatoire à chaque fois révélateur.
Les matériaux sont là; quels sont les gestes possibles du peintre: tracer au pinceau, peindre en réserve avec des caches, égoutter la peinture, la faire couler, la faire boire, la brosser, l'éponger. La pousser, la repousser, la guider. Agir en une seule séquence, sans repentir possible ou à peine.
Ces constats ne sont pas uniquement formels; ils constituent une démarche qui inclut une sorte de concertation équitable entre l'artiste et ses moyens en les soumettant à un questionnement insistant et exigeant. Les données physiques de la peinture rejoignent un univers de références visuelles. Epinglées au mur de l'atelier, quelques photographies découpées font écho aux toiles et aux dessins; une grille d'échafaudage, les entrelacs de canalisations sauvages dans une arrière-cour, une flaque brillante sur le bitume, une avalanche qui crée le vide dans la masse sombre d'une forêt... Images de rencontre dont Anne Peverelli ne retient que l'ambiguïté d'une vision entre deux et trois dimensions. Esquisse d'espaces, distorsion de la géométrie, réseaux linéaires, taches diffuses en surplomb, coulures figées ou déambulantes, autant de variations sur la disposition physique de la peinture à coïncider avec la vision distancée d'une référence secondaire. Sur fonds monochromes aux gammes retenues, gris-vert, gris-rouge, brun rosé, prune, blanc, couleur toile ou molleton.
Les dessins (nommés ainsi en référence au papier) sont tout aussi significatifs. Aucun désir de séduire; ils posent un geste, un signe dans son dénuement évident et sur un support fragile; il faut voir cette proposition dans son extrême simplicité et sentir l'intensité contenue dans des signes faits à la fois d'expérience et de hasard.
Le travail d'Anne Peverelli inscrit sa peinture en points, en lignes et en surfaces, entre calme et tension, réalisme et silence.
MFA
Anne Peverelli, peinture, dessin
Exposition ouverte du 21 avril au 26 mai 2002
La Fondation Louis Moret présente jusqu'au 26 mai le travail récent d'Anne Peverelli, peinture, dessin. Sobres, aléatoires, concentrées sur l'instant, les traces que laisse Anne Peverelli sur la surface de ses toiles et sur d'innombrables petits dessins tentent de déjouer avec légèreté les approches traditionnelles de la peinture.
Le parcours d'Anne Peverelli indique son goût pour la peinture, tempéré par une sorte de résistance de principe (par exemple comment éviter le rapport direct peinture-pinceau) issue d'une attitude critique à l'égard de toute représentation.
Cette réserve l'a conduite, ces dernières années, à intégrer divers matériaux susceptibles de faire signe. Ainsi en est-il des tableaux sans peinture où un fil cousu dessinait un va-et-vient, et tenait lieu de graphite. Lorsqu'elle travaille ainsi, Anne Peverelli se situe résolument dans la peinture. Mais lorsqu'elle peint, elle évite le geste direct. La matière est versée, coulée, égouttée, parfois essuyée d'un seul revers; elle fait tache, impression, toujours à distance de la main qui la guide. Ou encore, de sobres surfaces monochromes préparées, elles, au pinceau large, recouvertes de teintes opaques et fines, laissent apparaître une grille, une trame en réserve, non peinte.
A cette relation complexe à la peinture répond une pratique légère, abondante et spontanée du dessin. Ici, les supports sont des cartons gris, des papiers modestes, des blocs tout-venant et leur familiarité encourage toutes les tentatives. On y trouve des séries de dessins libres d'intention ou de narration, ouverts à des vocabulaires variés.
A la gouache et au pinceau, aux crayons de couleur ou noirs, à l'encre, le tracé toujours recommencé décline son thème (quadrillage, tache, point); il se répète et se réinvente. Dans cette activité, le geste prime, le regard vient plus tard; les critères du choix sont alors le désir et l'intuition d'un geste juste au moment sensible (et aléatoire); la grâce (ici pas de grimace) d'une trace simple et vivante qui ne dit que ce qu'elle dit, le réel, la vie, la vision et l'écoute du monde proche, quelques instants.
Anne Peverelli a réalisé deux nouvelles lithographies à l'Atelier Raynald Métraux, Lausanne, qui sont présentées dans l'exposition.
MFA