
Invitation Le sens de l'orientation
image: Matteo Terzaghi et Marco Zürcher / détail "Che faccio qui"
peinture: Adriana Beretta/ détail " Sentieri dispersi"
LE SENS DE L'ORIENTATION
Adriana Beretta - Mariapia Borgnini - Matteo Terzaghi et Marco Zürcher
exposition du 14 juin au 17 août 2007
Adriana Beretta vit et travaille à Bellinzona, a beaucoup voyagé en Afrique où elle a séjourné plusieurs fois, particulièrement au Niger en relation avec la culture touareg; elle a exposé à Rome et à Zürich, au Musée des Beaux-Arts de la Chaux de Fonds, au Musée d’art de Mendrisio, à Kiev, à Franckfort, au Musée Cantonal de Lugano en 2002.
Adriana Beretta trace ici son chemin à travers les signes, elle signale des traces, elle arrête le marcheur distrait, requiert son attention et focalise sa vision. Ses images de sentiers, des photographies Sans titre, montrent une voie étroite, une cicatrice dans la fourrure du paysage, une ligne humaine tracée à l’usure; gros plan sur un fragment sans origine ni destination, qui mène où? Hors champ, tout est possible. Tandis que frontalement, rationnellement, un système de signes graphiques cadre la vision. Horizontales et verticales calibrées mesurent les paramètres de cette échappée et se superposent à la vision rêveusepar des repères qui lui restituent sa situation historique; nous sommes à l’ère de l’informatique et du numérique qui ont leur langage. Ce code de lecture se retrouve sur une suite de toiles blanches aux signes noirs: les graphes employés par IBM à ses débuts pour générer des formes géométriques. En option: verticale, horizontale, angle droit, simple, double, avec ou sans cadre... Quand au langage des mots, il en est question dans les variations autour d’une traduction d’un texte de Heidegger, La deriva del senso, à propos justement des sentiers qui ne mènent nulle part, les Holzwege; en allemand dans le texte, en italien, en français, variations de sens et de sensibilités culturelles à propos de cette connaissance, celle des forestiers, qui savent, eux, que certains chemins s’arrêtent là, sans raison. Un poète, Rilke, a croisé, lui aussi, des chemins pétrifiés. Et dans le jardin, discrètement, deux signes empruntés aux codes des randonneurs, en écho complice à la soixantaine installée à Bex et Arts, mènent ici au jardin...