VENTCOULIS... papiers
Mireille Gros - Mireille Henry - Jean Nazelle - Anne Peverelli
Exposition du 19 avril au 25 mai 2008
Mireille Gros est bâloise, elle a exposé ici en 2005, La vie en guymauves, un titre inspiré du jardin de la FLM. Il y avait là de la fantaisie, une liberté poétique et légère, sa créativité sans limite, en résonnance, ouverte sur le monde et pleine de son monde, et donc assez déterminée. Elle aime les sonorités des mots, elle est curieuse de tout et apprend le chinois; elle voulait appeler sa série “Les montagnes appartiennent à ceux qui les aiment plutôt qu’à un lieu géographique”. Elle a laissé un cartable plein de dessins à l’encre inspirés des découpes des horizons montagneux, libres.
Mireille Gros, La vie en guymauves
Exposition du 11 septembre au 16 octobre 2005
La Fondation Louis Moret présente une exposition de Mireille Gros au titre poétique et léger, délicatement coloré de mauve et tout juste sucré, La vie en guymauves. Derrière ce titre suave se trouve une artiste à l’énergie créatrice intense et engagée, et une oeuvre en phase avec les manifestations les plus infimes de la vie organique, de la vie, dont elle assimile les processus de création et de croisssance.
Ce qui a inspiré La vie en guymauves, c’est le jardin de la Fondation Louis Moret. Il y a un peu plus d’un an, alors que nous esquissions le projet d’une exposition, Mireille Gros a pris une photo ici lors d’un vernissage; une abeille plonge dans le coeur de pollen d’une rose trémière très rose; elle est là, c’est une sérigraphie, emblématique de ce projet poétique autour du jardin. L’abeille frottée de nectar, la fleur saturéee de lumière, des nervures roses qu’on retrouve ailleurs, ont rejoint le monde sensible de Mireille Gros. Photographie, dessin, gravure, peinture, video, Mireille Gros utilise tous les outils plastiques à sa disposition, sans hiérarchie, en réponse à un contexte, un propos, un projet, dans une liberté ingénue qui l’autorise à mêler ensemble dessins à la pointe bille et aquarelle, papiers Rives et feuilles recyclées, empreintes de plantes et dessins linéaires au crayon, à actualiser une plaque de gravure par un tirage unique à l’encrage inédit, au pigment exotique.
Il y a beaucoup de grâce dans la liberté de Mireille Gros, quelquechose qui échappe à la pesanteur des conditionnements, une disponibilité à saisir le réel dans toutes ses dimensions, un talent à attrapper le monde au passage et à s’en faire un langage en se laissant guider par ses trouvailles: voyager et collectionner des stylos à bille et à encre, des papiers, des pigments, des images, sachant que leur potentiel l’inspireront, la guideront pour transmuer ce qui veut bien naître. C’est ainsi qu’elle travaille, dans la réceptivité, à la fois innocente et savante, douée d’une intuition de la forme vivante, la même qui, dans la nature, s’adapte aux conditions de son environnement. Mireille Gros n’est pas déterminée par la volonté de créer des images, au contraire; relativement indifférente aux techniques traditionnelles, aux repères stylistiques, elle navigue au gré des souffles auxquels elle s’accorde.
Cependant, il ne faut pas confondre disponibilité et naïveté. Mireille Gros a un solide parcours et beaucoup d’expérience. Elle sait choisir, elle se définit par ses choix; ses couleurs - papiers, encres, aquarelles- sont le plus souvent claires et fines, mais savent aussi se raidir, rougir ou foncer. Exposées, les feuilles s’organisent en contrepoints , en variations et en alternances vibrantes et tout à coup tendues. Trois murs ont été repeints en vert très pâle pour participer à la mise en scène. Mireille Gros sait ce qu’elle fait, elle a confiance en ses lignes fines et incisives, en ses flaques d’eau colorées, en ses fleurs un peu pop, en ses éclats de pollens argentès, en ses tiges graciles, en ses fouillis d’herbacées autant qu’en ses images saturées, elle accueille la diversité, elle assume la complexité autant que l’extrême simplicité; elle sait que, nées d’un plein - le plein d’images collectionnées qui emplissent des dizaines de carnets visibles dans la video Mes 10 000 idées - ses images n’ont besoin d’aucune démonstration virtuose; elles existent jusque dans le presque rien.
Une abeille chargée de pollen butine au jardin de Louis Moret; arômes et parfums, la vie en rose, les dessins, c’est La vie en guymauves,
MFA