Regards de Louis
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A. Chavaz, Louis Moret, 1935, Huile sur toile, 90×63 cm, © O.Vocat

« la maison nouvelle a un air de temple grec. Elle en a la grâce légère et la solidité monumentale. Entre elle et les vieux arbres qui l’entourent, il y a un accord qui présage celui que l’on va trouver, le seuil franchi, entre les proportions de la salle, les musiques jouées, les peintures exposées ».[1]

 Tel un retour aux sources et en marge de la programmation habituelle, Regards de Louis propose une sélection d’œuvres de la collection de la Fondation Louis Moret. Réunies par Louis au cours de sa vie, témoignage de son regard sensible sur le travail des artistes qu’il a connu et rencontrés, ces pièces ont rejoint la Fondation en 1985, année de son inauguration.

Protagoniste de cette exposition d’été : la peinture. Des œuvres d’Albert Chavaz, Gérard de Palézieux, Paul Monnier, Joseph Gautschi et Fernand Dubuis, cinq acteurs de la scène artistique romande des années 1950, tous amis de Louis Moret.  Au cours de sa vie, entre 1935 et 1985 il leur consacra plusieurs expositions: d’abord dans sa galerie sédunoise L’Atelier puis à la Galerie de la Dranse, dans sa villa au bord de la rivière qui porte ce nom.

Un choix d’œuvres qui magnifient la peinture à l’huile et ses langages : matières consistantes, fluides, pâteuses et parfois granuleuses, brillantes ou mates, épaisses, opaques ou diluées en glacis. Une extraordinaire richesse de textures, qui permet les mélanges de tons et les dégradés ou, au contraire, les aplats ; une maîtrise complexe se traduisant par la précision du détail ou le geste spontané

Dans les toiles de Chavaz, en filigrane, la géométrie délicate qui caractérise ses compositions : une structuration répondant à une quête d’équilibre et d’harmonie plutôt qu’à un désir de rigueur.

Les huiles de Palézieux nous racontent, elles, « les grands silences » de certains paysages suisses et italiens, ou, dans les natures mortes, la contemplation des objets quotidiens, le vide, la rondeur des volumes.

Si les œuvres de Paul Monnier nous révèlent des formes et des couleurs d’une grande sobriété, immergées dans une atmosphère métaphysique et silencieuse, la toile de Gautschi est caractérisée par d’amples perspectives et des paysages paisibles, sans aucune trace de présence humaine.

Les deux oeuvres abstraites de Dubuis, exposées en permanence dans la villa de Louis avec leur cadre originel, trouvent enfin un écho avec le thème même du regard…

Présentation de quelques-uns des regards de Louis, la présente exposition, loin d’être exhaustive ou dictée par une logique chronologique est avant tout le miroir d’un lien fraternel et sensible avec les artistes qu’entouraient Louis : le reflet de son goût pour l’art au quotidien.

[1] La Fondation Louis Moret Martigny, sous la direction de Daniel Anet, Editions Pillet, 1985 Martigny, p. 11