Gravure
Tony_Cragg_Gravure_2006

« On dit que mon travail est très varié mais je n’en suis pas si sûr… C’est comme la construction d’un paysage avec tout ce qui le compose: il y a le monde urbain, l’architecture mais aussi le monde organique, l’atmosphère et la structure géologique.”
Tony Cragg

La Fondation Louis Moret présente une exposition de gravures du sculpteur britannique Tony Cragg. Rattaché à la Jeune Sculpture Anglaise des années 80, Tony Cragg (1949, Liverpool, vit et travaille à D-Wuppertal) appartient à cette brillante génération de sculpteurs, Flanagan, Deacon, Woodrow, Gormley, Kapoor entre autres, dont la vitalité créatrice a marqué une nouvelle étape dans l’histoire déjà riche de la sculpture anglaise . Son œuvre est marqué par une apparente diversité stylistique, mais sa démarche fait preuve d’une grande cohérence. Attaché aux trois genres – figure, objet, paysage – il les décline en les associant, du réemploi de l’objet à l’invention de formes sous-tendues par les thématiques de l’hybridation et de la métamorphose. En 1995, une exposition au Kunstmuseum de St.Gall présente les étonnants dessins de Tony Cragg. Tony Cragg n’envisage pas le dessin, ou ici la gravure, comme une recherche préliminaire mais comme un «processus de découverte», un moyen de s’aventurer dans des domaines inconnus, sans songer forcément à une sculpture à venir. On y retrouve cependant des caractéristiques liées à son intérêt pour la dialectique du plein et du vide, la structure et la “peau” des formes, les flux d’énergie rendus visibles dans l’espace ou autour des objets, l’indifférenciation entre abstraction et figuration.

Cette exposition donne à voir un choix de gravures (1988-2003) qui témoigne d’une grande liberté d’approches thématiques – objets, perspectives, superpositions – et de pratiques techniques (aquatinte – morsure directe – pointe sèche – lithographie etc..), à l’image d’un œuvre sculpté où formes et matériaux découlent toujours de l’exigence propre au projet, et non le contraire. L’exposition s’inscrit dans la série présentée depuis quelques années par la Fondation: l’oeuvre gravé, et parfois méconnue, d’artistes tels que Georg Baselitz (2002), Aurélie Nemours (2001), François Morellet (2000), Geneviève Asse (1999), ainsi que des expositions consacrées aux éditeurs tels Fanal (1998) et Catherine Putman (2004).

Marie-Fabienne Aymon