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Sculptures linéaires et dessins aériens font l’objet d’une monographie, Alois Dubach-Penser l’espace, qui témoigne du riche parcours d’un artiste trop discret. Cette exposition est l’occasion de faire plus ample connaissance avec ces beaux dessins, stables et construits, dont le processus lent, infiniment précis, exigeant l’attention la plus soutenue, révèle le caractère de constructeur de l’artiste.

Comme un enlumineur d’un autre temps, Alois Dubach trace au tire-ligne des formes planes aux contours moelleux, des nuages dodus qui s’engendrent sans jamais se répéter, des masses si légères qu’on les dirait peignées plutôt que peintes, faites de lignes dont l’accumulation produit une vibration, qui engendre une couleur, qui rassemble le tout.
Sans trembler ni faillir – ou alors il faudra tout jeter – il « accomplit » chaque feuille sans que jamais ne lui soit permise la marque d’une humeur contraire ou d’un fléchissement.
Chacune de ces lignes est unique, constituant le corps plat et les contours souples de ces formes organiques parfois montées sur pattes, solitaires ou grégaires, dont une seule modulation de couleur différente peut fait vibrer l’échine toute entière.. Uniques aussi, ces lignes de construction qui organisent des réseaux architecturés colorés et lumineux.

C’est sans doute une concentration proche de la méditation qui sous-tend un tel travail et le tient régulier dans sa durée, dans son souffle au long cours. D’autant que sa nature aérienne ne l’impose jamais comme un obstacle matériel – la forme contre le fond – mais plutôt comme une trame à l’intérieur de laquelle l’air et l’espace circulent comme des courants.

Les quatre sculptures d’Alois Dubach crées pour cette exposition, expriment une même connivence avec les structures sans paroi, les arêtes vives, les circulations de l’air et les métamorphoses. Avec ce goût de la ligne qui définit sans enfermer, et de l’espace sans obstacle malgré les fracas.

Marie-Fabienne Aymon